Mahana pae : Pārau ‘e pūpū

actualites  Mahana pae : Pārau ‘e pūpūLe Mahana Pae, manifestation créée par la ville de Papeete, célébrait ce vendredi 28 janvier le monde de la nacre et des coquillages, « Pārau ‘e pūpū » . La population, les commerçants, les artisans, associations culturelles… et de nombreux partenaires étaient présents.

La maison de la Perle a ainsi pu présenter son évènement majeur de cette année 2011 : la célébration des 50 ans de la Perle de culture de Tahiti.

Durant toute la journée, des expositions artisanales, des démonstrations de gravure et sculpture sur nacre, des présentations de différents bijoutiers ont investi le marché de Papeete et le Parc Bougainville. La place Vaiete accueillait le soir même des groupes de danse et de musique afin de clôturer l’évènement.

Face à l’intérêt évident de tous les participants, la Mairie de Papeete envisage désormais de reconduire cet évènement deux fois par mois, proposant les nombreux thèmes relatifs à la culture polynésienne.

Les touristes et la population, venus nombreux ont pu ainsi avoir un premier aperçu de ce que seront les nombreuses manifestations organisées par la Maison de la perle tout au long de cette année 2011 et sur les cinq continents.

La Nacre, parau

« Ecrin naturel qui baigne dans nos lagons polynésiens depuis des millénaires, la nacre est appelée Parau en Polynésie française.

Le mot Nacre tire son nom du mot persan Nakkar qui signifie : Ornement chatoyant. C’est sans doute pour cette raison que la nacre a toujours eu une place prépondérante dans la vie quotidienne, les rites religieux et l’économie Polynésienne.

En raison de son éclat et de sa dureté, elle a d’abord été confectionnée pour être un outil (hameçon, leurres de pêche, grattoirs, spatules). Puis elle a rapidement constitué l’ornementation de costumes cérémoniels tel que le costume du deuilleur offert à James Cook en 1774 et actuellement exposé au british museum. Elle était également présente sur les sculptures des figures de proue des pirogues, où selon un ethnologue, ces sculptures étaient destinées à effrayer les démons marins. Mais comme indiqué dans un rapport de l’Orstom par M. Intès, la nacre représentait surtout selon les statistiques du commerce extérieur du territoire, la deuxième ou troisième position en valeur déclarée à l’exportation jusque vers les années 1960. La première manifestation d’une pêche importante est révélée par l’exportation massive de nacres aux îles Gambier à bord du Margaret en 1802. En 1924 on obtenait un record absolu de 1350 tonnes.

Cette nacre est également appelée huître perlière, c’est pour cette fonction que les polynésiens l’ont baptisée « Te Ufi », la fille de Okana (l’esprit du corail) et de Varo (l’esprit du sable). Elle est parée de la robe étincelante de chaque poisson de son domaine. Scientifiquement, Te Ufi appartient à la famille des pintadines, appelées ainsi pour leur coquille couleur « pintade ». Les pintadines produisent des perles de culture dont la Perle de Tahiti, elles comptent 3 espèces principales. La pinctada Fucata qui produit la perle blanche Akoya, la pinctada margaritifera qui produit les perles noires et dont nous avons une espèce particulière en Polynésie, la variété cumingi (découverte par Hugh Cuming en 1827 lors de son voyage dans nos lagons) et qui donne notre magnifique Perle de Tahiti. Enfin, les perles South seas provenant des pinctada Maxima d’Australie et des Philippines.

Alors qu’en 1957, les exportations de nacres connaissaient un réel déclin, la Polynésie allait avoir la chance de recevoir le tout nouveau chef du service de l’élevage et des pêches, Monsieur Jean-Marie Domard.

Afin de pallier à l’épuisement progressif des stocks naturels de Nacre ne pouvant plus satisfaire la demande industrielle de bouton de l’époque, M. Domard introduisit deux nouveaux coquillages provenant de Nouvelle Calédonie : le Burgaus et le Trocas. Les premiers Trocas furent déposés sur la barrière de corail de Motu Uta située dans le port de Papeete.
M. Domard s’était largement documenté en France avant son arrivée en Polynésie et avait pris connaissance du brevet déposé en 1916 par M. Mikimoto concernant le procédé de la méthode de greffe des huitres perlières. Il est alors intimement persuadé que cette méthode fonctionne et se rend dès 1956 sur la ferme de M. Mikimoto pour comprendre cette nouvelle industrie. Malgré les réticences qu’il rencontre en Polynésie auprès du gouverneur, Jean Marie Domard releva le défi. Ainsi début septembre 1961, assisté du greffeur japonais, M. Churoku Muroi , procéda à la greffe de 1095 huitres perlièress à Hikueru, puis en juillet 1962 il réitera cette opération à Bora bora sur des nacres provenant de Scilly. Les premières perles récoltées furent présentées à la chambre de commerce le 26 février 1965. Les Japonais invités pour l’occasion auraient félicité M. Domard pour l’incroyable secret de teinture des perles qu’il venait de découvrir… personne ne pouvait imaginer que les couleurs étaient naturelles.

La Polynésie voyait ainsi naître une toute nouvelle activité : la Perliculture. 50 ans plus tard, cette activité est au premier rang des exportations Polynésiennes.

C’est ainsi que la Maison de la Perle, établissement public chargé de la promotion de cette gemme en Polynésie et à l’international, honorera la date de la première greffe et la détermination de l’équipe de Monsieur DOMARD à donner vie à ce qui n’était alors qu’un rêve.

Les 50 ans de la Perle de Tahiti, seront célébrés sur les 5 continents par des actions événementielles dignes de cette princesse des océans.