Alors que de 1400 à 1800, l’on trouvait des perles fines surtout au Mexique, au Japon et dans le Golfe Persique, ce n’est qu’en 1802, que la nacre a commencé a être exploitée, surtout à Hikueru, Manihi et Takaroa pour l’industrie du bouton notamment.
En 1900, un dénommé Simon Grand, producteur d’huîtres à Arcachon, expérimente avec succès le collectage de naissain dans différents lagons polynésiens et notamment aux Gambier.
Ceci fut suivi du travail des biologistes Bouchon Brandely et Gilbert Ranson. Le travail de Brandely a principalement porté sur la productivité de divers lagons. Il a recommandé une politique raisonnable de gestion de lagons avec des saisons commandées de plongée dans chaque lagon, privilégiant la fermeture de certains secteurs aux fins de plongée.
Malgré plusieurs tentatives de greffe, notamment dans les années 1930 par un certain François Hervé dont l’illustre témoin fût le peintre Matisse, ce n’est que dans les années 1960 qu’un essai de greffe se transforma en réussite. En effet, le chef du service de la pêche, Monsieur Jean-Marie Domard, ayant étudié la greffe, à la fin des années 1950, sur la ferme de M. Mikimoto (illustre Japonais ayant déposé le brevet de greffe dite « la méthode de pièces » en 1916 avec M. Mise), il a décidé de tenter l’expérience avec M. C Muroi, alors illustre greffeur japonais. Cette première expérience eut lieu sur l’atoll de Hikueru. La récolte étant assez satisfaisante, il fût décidé de réitérer l’expérience en transférant des nacres de Mopelia à Bora Bora. La récolte faisait l’objet d’une exposition à l’Assemblée Territoriale en Février 1965 et les perles furent mises en valeur par le bijoutier Mourareau. Certaines d’entre elles atteignaient 14 mm de diamètre. Ceci marqua le début d’une nouvelle activité.
Alors que Monsieur Jean-Marie Domard quittait le territoire en 1967, une figure marquante de l’histoire de la perle, Monsieur Koko Chaze expérimentait la culture de « Mabé » à Rangiroa.
Ces différentes expérimentations eurent des retentissements à l’international et Monsieur Jacques Rosenthal de la célèbre société de négoce Rosenthal Freres Paris, recruta William Reed, biologiste marin avec huit ans d’expérience dans la mer rouge et le golfe Persique, pour examiner la possibilité d’élever à grande échelle des huîtres perlières. Il a passé plusieurs semaines avec Monsieur Chaze, tous deux ensemençant environ 2.000 huîtres afin d’obtenir des « mabes ». Les collecteurs étaient faits à partir des branches sèches de l’arbuste local, Miki Miki.
Agissant sur le conseil du Dr. Domard, Koko Chaze se rendit sur l’atoll de Manihi avec des mabe (demi-perles) pour mettre en œuvre les résultats obtenus sur l’atoll de Rangiroa. Et c’est ainsi qu’est née la première ferme perlicole en Polynésie française sur l’atoll de Manihi en 1968, époque à laquelle Monsieur Chaze fut rejoint par les français Jacques et Aubert Rosenthal, petit-fils du bijoutier renommé de Paris, Léonard Rosenthal, qui finança l’opération. La première perle ronde de cette ferme, « la Société Perlière de Manihi » fut produite en 1970.
William Reed quitta le Département de la pêche en 1973 pour former sa propre société, Tahiti Perles, et commença la perliculture à Mangareva dans les îles des Gambier. Il revendit cette société 2 ans plus tard à Robert Wan.
En 1975, un homme d’affaires Français de 50 ans, Jean-Claude Brouillet, arriva à Tahiti. Parmi ses nombreux investissements, il y avait l’achat de l’atoll de Marutea Sud dans l’archipel des Gambier, où il débuta la perliculture avec un autre Français, Monsieur Brannelec. Monsieur Brouillet était le premier à prouver que des négociants en haute joaillerie pouvaient être approchés avec des perles de culture de Tahiti. Jusque-là ces perles étaient pratiquement inconnues à l’international. Après 15 ans de travail, Monsieur Brouillet se retira et vendit son atoll et sa ferme perlière en 1984 à Robert Wan, devenu l’empereur de la Perle de Tahiti.
En 1976: Le “Gemological Institute of America” (G.I.A.) reconnaît la “couleur naturelle” des perles de Tahiti.
En 1988: La Confédération Internationale de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie, la CIBJO, a homologué la dénomination “perles de culture de Tahiti de couleurs naturelles ».
Si en 1988, la dénomination « perle de Tahiti » est acquise sur le plan administratif, il faudra dans les faits, attendre au moins 1994 pour que celle-ci soit reconnue et respectée. Elle devient alors pour les spécialistes du monde entier « la Perle des Reines et la Reine des Perles ».